Bonds that will forever go beyond time.

La Rentrée de Jésus & Bouddha. Enfin, peut-être.

Publié en france aux éditions Kurokawa, nous sommes plutôt chanceux de pouvoir tenir en mains nos exemplaires des Vacances de Jésus et Bouddha, les Saint Oniisan ou Saint Young Men par Nakamura Hikaru. Merci Kurokawa!

C’est la rentrée, mais les Saints Frangins n’ont pas finit de jouer aux touristes pendant leurs vacances prolongées sur terre. Pour fêter la sortie du tome 4 de la série chez Kurokawa ce jeudi 13 Septembre, je vous propose aujourd’hui une interview de la jeune auteur pour le site du magazine Jump SQUARE, traduite du japonais et adaptée par moi-même au cours d’un grand effort de pratique, une première. Doux Jésus, que je suis bon hein.

Cette interview a été réalisée en Avril 2008, soit lors de la deuxième année de publication de la série pré-publiée dans le Morning 2 de Kodansha depuis 2007. Nakamura nous raconte la genèse du projet, ses inspirations, et de nombreux petits détails que je vous laisse découvrir. Des quatre pages de l’interview originale, je n’en ai traduites que trois, la dernière concernant les lectures qui influencent l’auteur et d’autres choses peu en lien avec Jésus et Bouddha. En vue du temps passé à traduire et adapter, cette dernière partie m’intéressait beaucoup moins que la troisième par exemple. Je ne suis pas faignant c’est faux. Entre parenthèses au milieu des phrases, ce sont parfois mes notes personnelles. J’ai aussi décidé de prendre la liberté d’en faire une traduction musicale, en ajoutant comme j’aime le faire quelques tracks inspirantes que je kiffe écouter lorsque je suis en mode Saint Oniisan. Parce que je suis comme ça.  Yeah~ man.  (☞゚O゚)☞

  

 

PAGE 01

—— Tout d’abord, je tiens à vous interroger sur les bases de la série Les Vacances de Jésus et Bouddha. Jésus et Bouddha – ces deux là font quand même une sacrée paire de deux extrêmes – d’ailleurs, comment se sont-ils imposés comme choix de personnages principaux, dans un premier temps?

Nakamura: À ce sujet, leur création m’a semblée tellement nautrelle que je ne ne rappelle même plus vraiment comment tout a commencé. Au départ, c’est lors d’une discussion avec l’éditeur en chef du Weekly Morning special edition et Morning 2 (モーニング・ツー) que ce dernier m’a dit ne ne pas trop me soucier du lectorat masculin, comme d’avoir obligatoirement une héroine comme personnage. Ce que j’ai grandement apprécié. Et puis j’ai pensé à une comédie sur l’amitié de deux personnages principaux masculins, et Jésus est arrivé. C’est en essayant de le dessiner que je me suis rendue compte qu’il était beaucoup plus cool que que je ne le pensais… C’était plutôt inattendu. (rires)

Jump SQuare: Vous-vous étiez déjà intêréssée au Christianisme auparavant?

Nakamura: J’aime énormément les églises, et je m’y rend assez souvent. J’y vais aussi pour Noël. Je ne suis pas Chrétienne mais mon père est artisan potier. Il crée des poteries avec des motifs angéliques, et pour toutes ces raisons j’ai développée une certaine affinité avec l’Église.

SQ: Et donc vous en êtes venue à dessiner un Jésus genre cool et décontract’. Et par la suite…

Nakamura: Je me suis dit que Bouddha ferait vraiment un super pote pour Jésus. (rires)

SQ: Oui, si vous voulez quelqu’un d’assez charismatique pour se tenir aux côtés de Jésus, il n’y a pas trente-six mille possibilités.

Nakamura: Il faut qu’ils puissent partager les mêmes soucis.

SQ: Peut-être auriez-vous pu introduire des amis de religions différentes. Mais cela aurait été compliqué, peut-être..

Nakamura: Compliqué oui… Mon éditeur en chef m’a demandé d’éviter. (sourire perplexe)

—— Vous avez déjà un bon lot de personnages passionnants! D’ailleurs, avez-vous un important travail de recherches préparatoires à effectuer en ce qui concerne la conception scénaristique?

Nakamura: Non, pas vraiment. J’ai toujours adoré les films à sujets religieux, et j’en regarde souvent. Et puis si je realisais un travail de recherches trop poussé sur les notions religieuses, il n’y aurait plus que les connaisseurs confirmés pour comprendre. Pas vraiment accessible…

SQ: Cela deviendrait un manga plus pédagogique qu’autre chose.

Nakamura: Exactement. Et puis j’ai déjà l’impression qu’il s’agit d’une introduction à la vie de Jésus et Bouddha, donc bon.

SQ: De cette façon, même ceux qui ne savent rien ou peu sur la religion peuvent prendre plaisir à lire vos histoires. Vous arrivez vraiment à donner vie et dynamisme aux deux personnages en restant concentrée sur leur personnalité, sans trop insister sur la religion.

Nakamura: Quand j’ai commencé, je ne pensais franchement pas qu’ils seraient autant dynamiques. Pour être honnête, les personnages sont un peu différents dans les premier et second chapitres de ce qu’ils sont maintenant.

SQ: Il-y-a énormément d’oeuvres qui dépeignent la nature d’esprit-libre de Jésus, mais vous capturez ça plutôt bien.

Nakamura: Eh bien, ce n’est pas vraiment quelque chose à quoi j’avais réllement pensé.

SQ: Vous décrivez les deux personnages comme vivant une vie libre et sans contraintes, ce qui donne vraiment une sensation agréable et relaxante. Ils habitent Tachikawa, mais quelle partie de Tachikawa exactement?

Nakamura: Nulle part en particulier… À l’origine ma grande-soeur y habitait, alors à force de m’y rendre je commence à connaître. Je me suis juste dit que cela devait être un endroit paisible où vivre. C’est l’image que j’ai eu tout du long.

SQ: Alors cela n’a rien à voir avec la façon votre choix de Arakawa s’est fait comme place pour Arakawa Under the Bridge (Arakawa Sous le Pont). Comment vous fonctionnez à ce propos?

Nakamura: Ouais, j’ai juste pensé que ces mots commençant par le son ‘A’ sonnaient plutôt cool. (rires)

SQ: Peut importe ce qui leur arrive, ils sont heureux, un bonheur simple et quotidien, même si des choses étranges se produisent… D’une certaine manière, on peut ressentir votre proximité, votre affinité avec cette ville au travers des pages.

Nakamura: C’est tout simplement que j’aime ce sentiment de douceur qui en émane.

PAGE 02

——Ha bien, sur le sujet de votre ville natale et lieux auquels vous avez une affinité et leur l’influence sur votre histoire, j’aimerais savoir ce qui vous a décidé à devenir manga-ka.

Nakamura: Les oeuvres de mon père étaient tout le temps éparpillées dans la maison, donc depuis toute petite, j’ai toujours dessiné. Et puis un jour j’ai découvert le manga avec Dragon Ball. C’est le moment où j’ai pris conscience que les images pouvait aussi être un moyen d’expression sous la forme de [manga]. Quand dans mon carnet à dessin j’ai réalisé  que les images que je dessinais étaient liées entre elles, alors j’ai pensé que je tenais là quelque chose d’intéressant. J’étais au collège quand j’ai décidé que je voulais vraiment devenir manga-ka.

Jump SQuare: Vous avez commencé assez tôt à écrire vos propres histoires. Vous vous êtes lancée à 17 ans, n’est-ce pas?

Nakamura: 16 à vrai dire. Ma première année de lycée.

SQ: À propos, quelle était la première histoire manga que vous ayez dessinée quand vous n’étiez encore qu’au collège?

Nakamura: J’ai dessiné un manga sur des poteaux électriques capables de se déplacer. Ils étaient tous potes avec la tour de Tokyo.

SQ: Oui on sent déjà bien les personnages atypiques… (rires) Certains modèles de personnages de Arakawa Under the Bridge apparaissent dans votre oeuvre précédente, Nakamura Koubou. Vous devez avoir un fort attachement à vos personnages.

Nakamura: Oui, c’est vrai. Je dessine Sister depuis le collège, bien que le personnage soit à l’origine d’un manga de guerre plutôt sérieux.

SQ: Plutôt que « Sister » alors, ce tempérament agressif est plus celui d’un « Brother ». Peut-être était-elle encore plus glaciale à l’époque.

(Sister est le nom d’un personnage de la série Arakawa. Un homme anglais vétéran de guerre de 29 ans avec une cicatrice au visage entouré de mystère et habillé en Bonne Soeur.)

—— Les critiques de vos oeuvres précédentes, Nakamura Koubou & Arakawa Under the Bridge, disent que quiconque à même de produire ce type de création possède énormément de talent. Y-a-t-il eu un quelconque changement, une évolution de style dans votre travail depuis votre lancement dans Les Vacances de Jésus et Bouddha?

Nakamura: Quand je pense à Morning (le magazine qui prépublie la série. Leur devise: NO CONCEPT, NO TARGET, NO RULE!! *pas de concept, pas de cible, aucune règle.), j’imagine automatiquement quelque chose de beaucoup plus posé. Je tenais vraiment à faire quelque chose de plus calme.

SQ: Oui, cela permet de poser le rythme. Dans Arakawa, c’est le personnage principal qui envoie assez souvent les accroches, chutes comiques. Le rire est plus organisé.

Nakamura: Et sans ce déclencheur de chutes, Les Vacances de Jésus et Bouddha devient un manga imprévisible, incapable de dire aux lecteurs quand ils sont supposer rire…

SQ: Pour le coup, ils sont tellement pris au dépourvu qu’ils rient encore plus souvent. (rires)

Nakamura: Et avec tout ça, je ne sais même pas si les lecteurs de Arakawa seront capables de rire à Jésus et Bouddha.

SQ: Vous passer par une démarche complètement différente pour les deux. Quand vous cliblez un lectorat plus jeune, il est primordial de passer par des chutes comiques marquées. C’est comme si vous disiez aux lecteurs « hey! Fais attention, c’est là où tu es supposé rire. » Il serait intéressant de savoir comment les lecteurs plus jeunes réagissent à ce changement de démarche humouristique. Avez-vous remarqué un changement dans vos courriers de lecteurs?

Nakamura: Je ne reçois toujours pas vraiment de lettres concernant Jésus et Bouddha. Je reçois bien des demandes lors des dédicaces par contre. Jusqu’à maintenant c’était principalement d’un lectorat masculin, mais les filles ont commencé à venir en plus grand nombre. La tranche démographique des lecteurs a changée aussi. Pour Arakawa, c’était principalement 50-50 de jeunes garçons-filles, mais les lecteurs de Jésus et Bouddha sont bien plus âgés. Il-y-a même des couples marriés! En fait, il-y-a un grand nombre de couples en général.

SQ: Je vois, vous faites donc sourire les couples, qu’ils soient marriés ou pas. Les vendeurs du Junkudo Store (la chaine de Librairie Junkudo dont une boutique est ouverte à Paris dans le 1 ier arrondissement sous le nom de Junku) disent que pour vendre des manga aux femmes à l’heure actuelle, vous devez arriver avec quelque chose qui fera aussi rire leur copain et qu’ils pourront lire tous deux. Je pense que c’est un sacré avantage que d’être capable de faire rire les deux sexes aujourd’hui.

Nakamura: Oh, d’accord je vois. Je crois que je suis juste reconnaissante que les hommes et les femmes puissent avoir envie de lire mon travail. Quand on en vient au design de la jaquette du manga (volume 1),  je pensais même que si elle avait été rose cela aurait été plus difficile pour les hommes de prendre le livre, alors je leur ai dit de la faire rouge.

SQ: Maintenant votre lectorat se situe donc chez les deux sexes, mais y-a-t-il eu quelque chose qui vous en a pleinement fait prendre conscience?

Nakamura: Dans une certaine librairie, j’ai remarqué la série sur une étagère de produits Gundam. J’ai eu un sacré choc.

SQ: Et donc vous avez retirés les Gundam de l’étagère. (rires)

PAGE 03

—— Quels sont les plans futurs concernant Les Vacances de Jésus et Bouddha? Avez-vous en tête des personnages ou histoires particulières que vous aimeriez dessiner?

Nakamura: Oui, même si je ne me suis pas encore vraiment décidée à ce sujet. Dans un chapitre précédent, j’ai eu à décider si oui ou non je voulais que les deux frangins aient plus d’amis. Et puis j’aimerais faire entrer en scène plus d’apôtres de Jésus. Mais dans le cas de Judas, les opinions à sont sujet sont tellement partagées que je ne sais vraiment pas comment le dépeindre. Je crois que j’aimerais en faire quelqu’un de bien…

Jump SQuare: Je pense que ce serait génial d’introduire les apôtres de Jésus dans la série. Et puis ce serait aussi vraiment fun de découvrir Jésus et Bouddha tels qu’ils étaient enfant.

Nakamura: Ouais, j’aimerais dessiner ça. Et aussi le Paradis et le Royaume des Dieux. Il faut que je planche là-dessus.

SQ: Quel est le personnage le plus populaire?

Nakamura: Auprès des filles c’est Jésus, c’est clair. Je pense que ça fait quelque chose comme 70% face à 30% pour Bouddha. Je veux dire, apparemment…

SQ: Je suppose que les filles craquent d’abord sur l’apparence physique. (rires) Et puis il a ce look Johnny Depp.

Nakamura: Personnellement je préfère dessiner Bouddha, alors j’ai vraiment été surprise par la popularité de Jésus.

SQ: Si vous faisiez un parallèle de vos personnages avec des personnalités réelles, si Jésus est Depp visiblement, qui est Bouddha?

Nakamura: L’équipe éditoriale pense qu’il tient de Keanu Reeves. (rires) Je ne sais pas trop à propos de sa tête et ses oreilles quand même. La tête de Bouddha est faite d’une très longue chevelure.

SQ: Oh vraiment! Mais on s’éloigne du sujet. En tout cas, il est clair que l’idée clès de votre manga est celle de l’amitié. Au final, c’est comme si tout le monde été lié. Dans Arakawa, ce n’est que très lentement que le personnage principal solitaire ne se joint au groupe.

Nakamura: Pour ce qui touche à la ville et aux gens, je préfère vraiment un esprit de bonté et gentillesse.

SQ: Pour une raison quelconque, on dirait bien que vous n’ayez aucun personnage foncièrement mauvais dans vos oeuvres.

Nakamura: J’aimerais vraiment avoir quelques méchants dans mes histoires, mais au final ils se révèlent toujours être des tsundere. (rires)

SQ: Maintenant j’aimerais en savoir plus sur votre processus créatif.

Nakamura: J’ai habituellement 2 à 3 assistants pour m’aider à tout boucler. Je ne suis vraiment pas très bonne avec les storyboards, particulièrement sur les longs projets. 3 sets de 16 pages par mois c’est mon maximum. Le dessin, ça va en 2-3 jours, mais le storyboard… Je peux le faire sous la pression, mais quand la date limite de rendue est trop éloignée, je finis par gaspiller mon temps et laisser traîner.

SQ: Disons que vous préférez les dates limites rapprochées.

Nakamura: J’en ai déjà quelques unes de programmées à l’heure actuelle. (rires)

SQ: Travaillez-vous votre storyboard à la maison ou ailleurs?

Nakamura: Je ne peux pas le faire autre part qu’assise dans un restaurant familial (cafétéria). Je dessine en écoutant de la musique avec mon casque sur les oreilles. Je le fais en bougeant un peu partout, 3 heures par-ci, 3 heures par-là, et ainsi de suite.

SQ: Qu’écoutez-vous?

Nakamura: Pour Les Vacances de Jésus et Bouddha, j’écoute le groupe Buddha Brand ブッダブランド. Ils ont une chanson intitulée Budda No Kyuujitsu ブッダの休日 (les Vacances de Bouddha) qui m’inspire vraiment. Il-y-a aussi Summer Jam ’95 サマージャム’95 par le groupe Scha Dara Parr スチャダラパー. C’est assez embarrassant d’en parler en fait. C’est une chanson qui me rappelle des souvenirs de moment passés à faire l’andouille avec des amis pendant l’été.

SQ: Oh. Et pour Arakawa?

Nakamura: J’écoute surtout des musiques occidentales pour celui-là. Je décide des musiques sur le moment. Il n’y-a pas vraiment de correspondance entre les textes et mon travail, c’est plus une question de sensation musicale en accord avec mon humeur.

SQ: Est-ce que vous avez une playlist pour chaque série, chaque personnage?

Nakamura: En effet, j’ai bien une chanson pour chaque personnage…

SQ: Alors quelle est celle de Jésus?

Nakamura: Eh bien… Je préfère ne pas répondre. (rires)

SQ: Maintenant je veux vraiment savoir!

Nakamura: C’est Inago Ga Tonderu いなごが飛んでる (Les Sauterelles sont en train de Sauter. Sérieusement?) par Fishmans.

SQ: Et pour Arakawa? Les personnages principaux Riku et Nino? (Riku, de Recruit, recrue, Rikurūto リクルートen japonais, est le surnom du héros: Kou Ichinomiya)

Nakamura: Bien… Comme c’est embarassant… Bon Riku c’est Rinjin Ni Hikari Ga Sasu Toki 隣人に光が差すとき (Quand la Lumière Brille sur nos Voisins) par Ando Yuko. Pour Nino, c’est le premier single de l’artiste texane Shea Seger, intitulé Last Time.

SQ: Et l’homme avec la tête en étoile?

Nakamura: Starman? (rires)

SQ: Évidemment.

Nakamura: Là c’est vraiment gênant…

Fin de la page 03!

La page 04 se termine sur des jeux de mots de l’interviewer sur le titre de la série Seinto Oniisan. Un truc du genre les Saint Young Politicians, les Saints Fragins Politiciens ou encore les Saint Young Teachers, les Saints Jeunes Profs…

Nakumura: J’aime beaucoup, mais on va laisser ça de côté pour l’instant hein. Je vais faire de mon mieux pour la suite!

SQ: Nakamura-sensei, merci beaucoup!

FIN. Interview originale sur Jump SQUARE.

Mon plus gros coup de coeur dans cette interview, c’est le moment lors duquel Nakamura admet que l’équipe éditoriale de Morning fait un parallèle entre Le Bouddha et Keanu Reeves. Pour ma part, je soutiens grave ce choix. Pour ceux qui se demandent d’où cette idée saugrenue peut venir, et bien sachez qu’en 1994, l’italien Bernardo Bertolucci a réalisé un film intitulé Little Buddha, dans lequel Reaves tient le rôle du Prince Siddhartha dit Gautama Buddha, l’éveillé. Un film pour lequel je ne sais toujours pas dire si je l’adore ou le deteste, mais peut-être est-ce un signe qu’il a touché sa cible.

Imaginez une adaptation filmée de la série avec Joseph Gordon-Levitt dans le rôle de Jésus (personellement, je préfère largement me l’imaginer à Depp. Encore plus depuis Hesher de Spencer Susser en 2011 avec Natalie Portman. Il est tellement polyvalent.)  et Keanu en Bouddha. Ce serait une chance de fixer les avis sur sa prestation dix ans après, he. Le film quant à lui, dessine deux lignes scénaristiques en parallèle: l’histoire de Siddharta sur son chemin de l’illumination, et celle d’un garçon en lequel des moines Bouddhistes Tibetain voient la réincarnation d’un chef spirituel. Ce n’est pas tant que le film est foncièrement mauvais… Bref, regardez-le si ce n’est pas fait.

« Buddha », c’est l’illumination. Le terme « Little Buddha », c’est littéralement aujourd’hui plus un néologisme utilisé à tout va par ceux cherchant une vérité, voyant ici et là la réincarnation d’un chef spirituel qui les rassure. Au final ce n’est pas tant qui telle personne est qui importe sur ce sujet, mais quelle action, quel mot elle a à exprimer sur terre. Au lieu de chercher un dieu pour leur dire quoi faire partout à tout va, je pense que chacun devrait plutôt réfléchir à ce qu’il peut faire à son niveau pour rendre le monde meilleur. Vu que ce blog est alimenté par la narration de fiction, quelle soit de bande dessinée, livre ou audiovisuelle, je terminerai sur une citation d’un épisode (Benares, January 1910) de la série The Young Indiana Jones Chronicles (déjà une chose de sa création que Lucas n’ait pas profané.) dans lequel le jeune Indiana Jones fait la rencontre du tout aussi jeune hindou Krishnamurti, dans lequel les adultes veulent voir un nouveau chef spirituel. Alors quand le jeune Indi lui demande s’il est la réincarnation d’un dieu comme tout le monde veut le croire, le garçon répond avec simplicité:

« Non, je ne suis pas un dieu. »

« Mais ils disent que tu es un grand chef spirituel. Pourquoi? »

« Parce qu’ils cherchent quelqu’un pour créer un lien entre Dieu et eux-même. »

« Et tu en es capable? »

« Non. Aucune personne ne peux en lier une autre à dieu. C’est à chacun de chercher Dieu par lui-même. »

« Krishnamurti… Je me demandais… Qui est Dieu? »

« Dieu, Dieu n’est pas un bouddhiste ou un hindou, un musulman, un chrétien ou un juif. Dieu est dans chaque personne et chaque chose vivante. Il-y-a une chose que disent toutes les religions: que Dieu est compassion. Dieu est amour. »

(Bonne rentrée à tous!)

4 Réponses

  1. Merci pour cette traduction, c’est vraiment une interview sympathique et rigolote à lire !

    Et bonne rentrée, évidemment. =)

    14/09/2012 à 23 h 56 min

  2. Au fait, je me posais la question… C’est toi qui a fait le pixel-art qui ouvre cet article ? :3

    22/09/2012 à 10 h 13 min

  3. Pandora

    Hey! Non, c’est l’auteur Hikaru Nakamura elle-même pour la couverture du numéro 25 du magazine Morning 2.
    J’ai seulement retravaillée l’image à photoshop sur les parties manquantes, puis j’ai ajoutée une devise classy. Elle gère Nakamura-sensei. ||3

    23/09/2012 à 14 h 23 min

  4. Ah, ok. Enfin, tu as quand même fait une partie de l’image. =)

    23/09/2012 à 15 h 38 min

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