Bonds that will forever go beyond time.

One Thousand and One Arabian Nights

“…Le vizir, chargé de veiller à l’exécution des épouses du roi avait, on le sait, deux filles : l’aînée avait pour nom Shéhérazade, et la plus jeune Dounyazade. Shéhérazade avait lu des livres et des écrits de toutes sortes, allant jusqu’à étudier les ouvrages des Sages et les traités de médecine. Elle avait retenu en sa mémoire quantité de poèmes et de récits, elle avait appris les proverbes populaires, les sentences des philosophes, les maximes des rois. Elle ne se contentait pas en effet d’être intelligente et sage; il lui fallait encore être instruite et formée aux belles lettres. Quant aux livres qu’elle avait lus, il ne lui avait pas suffi de les parcourir : elle les avait tous étudiés avec soin.

Un jour, elle dit à son père :

-Ô père, je voudrais te faire part de mes pensées secrètes.

-Quelles sont-elles? demanda le vizir.

-Je veux que tu arranges mon mariage avec le roi Shâhriar : ou bien je grandirai dans l’estime de mes semblables en les délivrant du péril qui les menace, ou bien je mourrai et périrai sans espoir de salut, partageant le sort de celles qui sont mortes et ont péri avant moi.

(La Tisserande des Nuits, Les Mille et Une Nuits, tome un, R. Khawam, Editions Phébus, 1986)

Trompé par son épouse, le sultan Shâhriar a sombré dans un cycle de vengeance visant à assassiner chacune de ses nouvelles épouses. Pendant Mille et une nuits, Shéhérazade entreprent de conter au roi chaque soir une nouvelle histoire, laissée en suspend jusqu’au lendemain afin d’échapper à la mort et briser le cycle.

Aujourd’hui est l’heure aux contes. Les Mille et Une Nuits est un recueil de contes enchâssés arabes populaires tirant leur origines de transmission par oral au fil des siècles, au fil des colportages de l’Inde à l’Iran, au fil du partage interculturel. Aussi pour cerner certains récits myhtologiques, il est parfois important de regarder au delà des frontières. Vous l’avez deviné, c’est Simorgh le Seigneur des Tempêtes qui est à l’honneur aujourd’hui! Rassemblez vos esprits, bienvenue au pays des Mille et Une Nuits…

« Tendez l’oreille, ouvrez votre cœur à l’impossible! L’histoire qui vient est celle d’un homme sans pareil. Elle commence dans une cité de l’Orient lointain, sous le règne d’un sultan à la splendeur inégalée… »

« Et non, il ne s’agit pas de Seto Kaiba. » 

 

Avant tout, je tient à préciser que cet article est un peu en marge de mes autres approches mythologiques de la série. En effet, la mythologie Persane (à laquelle cet article ne s’arrête pas exclusivement) n’est pas récurente dans Yu-Gi-Oh!, mais plutôt présente via différentes occurences dans le jeu de cartes à jouer seulement. Notons¹ tout de même que Simorgh Bird of Divinity est une carte as dans le jeu de Birdman / Frère de Harpie lors de sa confrontation face à Judai dans l’épisode 132 de Yu-Gi-Oh! GX; et que Dark Simorgh et Simorgh Bird of Ancestry sont deux personnages adversaires dans le jeux vidéo  Yu-Gi-Oh! 5D’s World Championship 2009 Stardust Accelerator. Ainsi la figure de tête de l’empire Perse dans Yu-Gi-Oh! s’incarne par Simorgh, mis à l’honneur avec le huitième Deck de Structure STRUCTURE DECK -烈風の覇者- intitulé -Lord Of The Storm-, ou -Seigneur Des Tempêtes- en version française. Il s’agira donc principalement de lier ici les différentes incarnations Persanes disséminées dans le jeu de carte Yu-Gi-Oh! à leurs homologues des Mille et Une Nuits. Essayons de faire simple hein. Prêt?

  

  

  

Simurgh

l’oiseau fabuleux. Ou pas.

Visibles sur les trois cartes précédentes, et sur l’entête de l’article, vous aurez immédiatement remarquées les trois incarnation de Simorgh, ou Simurgh, dans Yu-Gi-Oh!… Tout d’abord Simorgh l’Oiseau Ancestral (Bird of Ancestry 始祖神鳥シムルグ) couleur d’or, puis Simorgh l’Oiseau de la Divinité (Bird of Divinity 神鳥シムルグ) bleu émeraude, et enfin le noir Simorgh des Ténèbres (Dark Simorgh ダーク・シムルグ). Trois incarnations pour une figure mythologique aux nombreux visages. Mais qui est-il?

Il faut savoir que Simurgh est un terme se référent à de nombreux oiseaux divins, d’où de nombreuses histoires, de nombreuses interprétations, et donc représentations variantes au fil du temps. Pour saisir les origines de Simurgh, il faut ainsi faire un retour dans le temps…

Si ses représentations sont soumises à de très nombreuses variantes, griffes de lions, tête de chien, nombreux membres, gardons pour le définir son trait principal: celui d’un aigle rapace géant, assez puissant pour porter un éléphant, et dont les influences Chinoises dans l’art Persan (découlant des invasions mongoles) donneront des traits d’une sorte de Phénix. Faisons un jeu, comme dirait ce cher Yugi, et de cette description, décidons qui de nos trois Simorgh répond le plus à cette description… Alors, A, B, ou C?

Game over!

Papapa! Simorgh l’Oiseau Ancestral doré, réponse A, est celui dont les traits tiennent en effet le plus compte du mythe Perse. Non pas que les deux seconds en soient moins pertinents, mais plutôt qu’ils jouent une sorte d’entre deux dont on parlera plus bas.

Principalement décrit dans les arts et la littérature Iranienne, tout comme les arts médiévaux Arméniens, il s’agit donc d’une figure mythologique du Moyen-Orient. Pour faire simple, il s’agit des territoires anciennement connus sous le nom métonymique de Perse. Le nom même de Simurgh, est donc un métissage de ses existences dans ces nombreuses cultures. Et si l’on remonte les origines de son nom, c’est dans le sanscrit (l’Inde) que l’on trouve sa source, désignant sa nature de oiseau géant fabuleux. Dans les arts Iraniens, sa nature de rapace se retrouve originellement plus souvent associée à une sorte de corps de Paon², avec une tête de chien. Bref, ce n’est pas un simple oiseau, mais bien un véritable prédateur encore plus proche de Simorgh l’Oiseau Ancestral. Il est le lien entre la terre et le ciel, un messager synonyme de fertilité, purifiant la terre et les eaux.

Il se perche sur les branches de l’Arbre de la Vie, dont les graines sont emportées par le vent divin Vata-Vayu et la divinité de la pluie Tishtrya à chaque fois qu’il s’envole, pour devenir chaque type de plante ayant jamais existé. Notez que la double-divinité Vata-Vayu (Vayu = le vent et Vata = l’atmosphère) est partiellement présente dans Yu-Gi-Oh! 5D’s joué par Crow, incarné par Aile Noire – Vâyu l’Etendard de la Justice BF-大旆のヴァーユ. C’est une divinité aux origines Indo-Iraniennes, Vata et Vayu ayant leur équivalent unique cette fois dans la religion védique hindou, où Vayu reste le seigneur du vent.

Les légendes décrivent Simurgh comme une entité ayant vécu plus longtemps que tous, ayant les connaissances de tous les âges, ou encore ayant finit par se jeter dans les flammes comme un phénix après avoir vécu 1700 ans. Il est si vieux qu’il aurait vécue par trois fois la destruction du monde. Trois mondes, trois formes dans Yu-Gi-Oh! ?

Le récit seyant à Simorgh l’Oiseau Ancestral serait le plus populaire, mettant en scène le Simurgh au coeur du poème épique du Livre des Rois (Book Of Kings, du perse Shah-nameh), écrit par le poète perse Ferdowsi aux alentours de l’an 1000… Il s’agit de l’histoire du Prince Zal, fils d’un grand héros dénommé Saam. Zal serait né albinos, et son père y voyant un trait démoniaque, l’aurait abandonné sur les hauteurs d’une montagne légendaire appellée Alborz: en avestique (ancien irannien) Harā Bərəzaitī, le plus haut poste de garde.

Le prince Zal nouveau-né seul sur ces hauts, ce sont ses pleurs résonantes qui auraient atteinte le coeur bienveillant de Simurgh, résidant sur ces pics. L’oiseau prit alors l’enfant sous son aile et l’éleva comme le sien, lui offrant son amour, connaissance et sagesse. Plus tard, vint finalement pour Zal le temps de rejoindre le monde des hommes, une fois devenu homme lui-même. Terriblement peiné par leur séparation, Simurgh lui fit alors don de trois plumes dorées qu’il devrait faire brûler le jour où il aurait de nouveau besoin de son gardien divin. C’est ainsi reconnaissant que Zal fit retour vers son royaume natale, où il s’éprend de la magnifique princesse Rudaba de Kabul. Leur amour est réciproque, et le prince épouse la princesse. La base.

Quand le moment vient pour leur premier enfant de venir au monde, l’attente se fait longue et douleureuse et Zal imagine déjà son amour mourir en couche. C’est ainsi Rudaba aux portes de la mort que Zal décide d’invoquer son protecteur, Simurgh, qui apparait alors et enseigne à son protégé comment pratiquer une césarienne et sauver sa famille. Cet enfant sera un fils, Rostam, qui deviendra plus tard le plus grand héros Perse, dont le chemin recroisera celui de Simurgh.

Concernant Simorgh l’Oiseau de la Divinité qui illustre l’entête de cet article, c’est dans le folklore Azeri (ou Azerbaïdjan, une ethnie du nord-ouest de l’Iran), que l’on trouve son inspiration la plus probable. Simurgh y répond aussi au nom de Zumrud, que l’on peut traduire par émeraude. Il s’agit de l’histoire de Malik Mammad, le fils d’un roi Azerbaijan. Ce roi avait un immense jardin au coeur duquel était un grand pommier magique produisant de nouvelles pommes chaque jours. Mais un horrible géant répondant au nom de Div avait lui décidé de voler toutes les pommes chaque nuit. Pour résoudre ce problème, le roi envoya donc Malik Mammad et ses frères plus âgés pour combattre le voleur.

Sur le chemin de sa quête, Malik Mammad sauva les enfants du Simurgh d’un terrible dragon. Pour le remercier, Simurgh sera celui qui aidera le prince afin de traverser du monde des ténèbres à celui de la lumière. Aussi, si Simorgh des Ténèbres n’est d’aucune incarnation précise du Simurgh, il apparaît tout de même comme un homologue obscure de Simorgh l’Oiseau de la Divinité. Ténèbre face à la Lumière, tout comme Simurgh semble encore une fois être le passeur entre les deux mondes.

Un autre oiseau mythologique d’Orient très semblable Simurgh est le Roc (رخ rokh). Oui, Simurgh possède de nombreuses similitudes avec le Roc, et s’y apparente même dans certaines de ses interprétations. Mais si le Simurgh pourrait être un Roc, un Roc n’est certainement pas un Simurgh…

Pour faire simple, le Roc, c’est ce que nous pourrions appeler une espèce animale mythique ; et non un personnage même comme le Simurgh.

zComic zFairy zSea/Maritime zAdventure zLck

Le ROC

rapace légendaire. Ou pas.

« En le voyant venir je m’étais serré fort près de l’œuf, de sorte que j’eus devant moi un des pieds de l’oiseau, et ce pied était aussi gros qu’un gros tronc d’arbre. Je m’y attachai fortement avec la toile dont mon turban était environné, dans l’espérance que le roc, lorsqu’il reprendrait son vol le lendemain, m’emporterait hors de cette île déserte. »

“…À la fin, je me résignai à la volonté de Dieu, et, sans savoir ce que je deviendrais, je montai au haut d’un grand arbre, d’où je regardai de tous côtés pour voir si je ne découvrirais rien qui pût me donner quelque espérance. En jetant les yeux sur la mer, je ne vis que de l’eau et le ciel; mais, ayant aperçu du côté de la terre quelque chose de blanc, je descendis de l’arbre, et, avec ce qui me restait de vivres, je marchai vers cette blancheur, qui était si éloignée que je ne pouvais pas bien distinguer ce que c’était. Lorsque j’en fus à une distance raisonnable, je remarquai que c’était une boule blanche d’une hauteur et d’une grosseur prodigieuses. Dès que j’en fus près, je la touchai et la trouvai fort douce. Je tournai à l’entour pour voir s’il n’y avait point d’ouverture: je n’en pus découvrir aucune, et il me parut qu’il était impossible de monter dessus, tant elle était unie. Elle pouvait avoir cinquante pas en rondeur.

Le soleil alors était prêt à se coucher. L’air s’obscurcit tout à coup comme s’il eût été couvert d’un nuage épais. Mais, si je fus étonné de cette obscurité, je le fus bien davantage quand je m’aperçus que ce qui la causait était un oiseau d’une grandeur et d’une grosseur extraordinaires, qui s’avançait de mon côté en volant. Je me souvins d’un oiseau appelé roc dont j’avais souvent ouï parler aux matelots, et je conçus que la grosse boule que j’avais tant admirée devait être un œuf de cet oiseau. En effet, il s’abattit et se posa dessus, comme pour le couver. En le voyant venir je m’étais serré fort près de l’œuf, de sorte que j’eus devant moi un des pieds de l’oiseau, et ce pied était aussi gros qu’un gros tronc d’arbre. Je m’y attachai fortement avec la toile dont mon turban était environné, dans l’espérance que le roc, lorsqu’il reprendrait son vol le lendemain, m’emporterait hors de cette île déserte.

Effectivement, après avoir passé la nuit en cet état, d’abord qu’il fut jour, l’oiseau s’envola et m’enleva si haut que je ne voyais plus la terre; puis il descendit tout à coup avec tant de rapidité que je ne me sentais pas. Lorsque le roc fut posé et que je me vis à terre, je déliai promptement le nœud qui me tenait attaché à son pied. J’avais à peine achevé de me détacher qu’il donna du bec sur un serpent d’une longueur inouïe. Il le prit et s’envola aussitôt.

Le lieu où il me laissa était une vallée très profonde, environnée de toutes parts de montagnes si hautes qu’elles se perdaient dans la nue, et tellement escarpées qu’il n’y avait aucun chemin par où l’on y pût monter. Ce fut un nouvel embarras pour moi, et, comparant cet endroit à l’île déserte que je venais de quitter, je trouvai que je n’avais rien gagné au change.

En marchant par cette vallée, je remarquai qu’elle était parsemée de diamants, dont il y en avait d’une grosseur surprenante; je pris beaucoup de plaisir à les regarder; mais j’aperçus bientôt de loin des objets qui diminuèrent fort ce plaisir, et que je ne pus voir sans effroi. C’étaient un grand nombre de serpents si gros et si longs qu’il n’y en avait pas un qui n’eût englouti un éléphant. Ils se retiraient pendant le jour dans leurs antres, où ils se cachaient à cause du roc leur ennemi, et ils n’en sortaient que la nuit.”

(Sinbad le marin, le second voyage, Les Mille et Une Nuits (de la 216ème à la 218ème nuit), traduit par Antoine Galland, raconté par Schéhérazade)

Vous l’avez saisi, il s’agit encore d’un oiseau géant. Mais là où Simurgh possédait de nombreux attribus fabuleux, le Roc s’identifie par sa nature d’oiseau de proie, de rapace géant. Au même titre que les sirènes fantaisies de l’océan, le Roc à longtemps fait figure de créature à laquelle les marins craignaient de faire face. Porté par les récits, déformé à souhait par la tradition des contes et histoires orales, la capacité d’un aigle capable d’emporter un agneau nouveau né comme proie est devenue celle d’un rapace géant, à la force de soulever un éléphant. Juste un cas de mythomanie prolongée ; l’alcool des tavernes n’aidant pas. L’un de ces contes les plus populaires, vous en tenez un extrait juste ci-dessus : Sinbad le marin.

Bref, dans Yu-Gi-Oh! , ce sont principalement dans les extensions 5D’s que le Roc a fait son nid. Il s’agit d’une série de cartes de l’archétype vent Mist Valley 霞の谷, la Vallée de Brume en français, dont le cadre même nous renvoie une fois de plus aux aventures de Sinbad. Le Roc s’incarne ainsi dans une version adulte, Roc de la Vallée des Brumes 霞の谷の大怪鳥, et la version Oisillon de la Vallée de Brume 霞の谷の幼怪鳥, entourés d’une pleiade de bêtes ailées versions orientales des Harpies. La vallée même se retrouve elle sur les cartes Vent Divin de la Vallée de Brume 霞の谷の神風 et le Mausolée de la Vallée de Brume 霞の谷の祭壇, dont l’architecture n’est pas sans rappeler la tête du Roc. Et plutôt que vous donner à voir des illustrations originales du conte des Mille et Unes Nuits, la Vallée de Brume fait un cadre parfait à cette histoire…

Contrairement à Simurgh, le Roc n’est pas un personnage divin, il n’a donc pas de résonnance humaine comme le premier, mais s’impose comme un pur prédateur animal. C’est un rapace géant à l’affut de ses proies, ni mauvais ni bon, seulement pourvu de son instinct de chasseur. Et s’il est d’une grande aide à Sinbad, cela ne l’empêchera pas de couler des navires. Ou plutôt, d’être halluciné par des marins saouls à la barre, ayant aperçue une mouette au moment d’heurter un rocher par mégarde sous alcool… Dans Yu-Gi-Oh! donc, la Vallée de Brume et sa tribue jouent un grand rôle dans l’histoire Duel Terminal – Invasion of Worms! lors de laquelle la tribue de la vallée va s’allier avec celles de la Barrière de Glace (Ice Barrier), des Sabres-X (X-Saber), et des Cloches de Feu (Flamvell), afin de former à eux quatre les Alliés de la Justice et ainsi se révolter face à l’archétype des Vers (Worms. Un scénario façon comic book à l’américaine vraiment excellent, mais malheureusement jamais parvenu en europe, comme le reste des Duel Terminals (les bornes de jeu arcade Yu-Gi-Oh!). Lorsque les trois autres tribues vont se rendre compte qu’il est possible d’exploiter les vers afin d’en puiser une nouvelle source d’énergie, le clan de la vallée va alors briser le pacte des Alliés de la Justice pour se battre par sa propre force, malgré des vers toujours plus puissants et menaçants. C’est dans l’adversité que les Dragunités (Dragunity) résidant dans les ravins voisins vont s’impliquer dans le combat et prêter main forte à la tribue. Mais même avec cette nouvelle force, le déclin de la vallée de brume sonnera finalement lorsque le clan de la Barrière de Glace libérera son plus grand pouvoir dans un dernier effort, Trishula, Dragon de la Barrière de Glace, pour s’imposer et finalement remporter la guerre.

Parmis les membres de la tribue de la Vallée de Brume, certaines bêtes ailées partagent de nombreuses similitudes avec les Harpies d’inspiration grecque. Ils s’agit de créatures mi-hommes mi-oiseaux, non pas exclusivement de sexe féminin comme le veulent les Harpies. Le Protecteur de la Vallée de Brume 霞の谷の見張り番 est un descendant d’une famille ancestrale de gardiens ayant toujours défendue la Vallée de Brume. Avec son regard perçant, il ne manque jamais rien de ce qui se passe dans la vallée. L’ombre du Roc apparait notamment dans le coin supérieur gauche de son illustration.

Le Shaman de la Vallée de Brume 霞の谷の祈祷師 (ou Chamane), n’est pas moins qu’une des cartes les plus sulfureuses du jeu de cartes Yu-Gi-Oh! . Contrairement à certaines confusions, le Shaman n’est pas un sorcier au sens littéral, mais un sage. C’est un médiateur entre les hommes et la nature, avec l’esprit. Concernant la carte Yu-Gi-Oh!, il s’agit d’une des censures les plus « intéressantes » si je puis dire.

En effet, outre les vêtements redessinés en version TCG pour cacher la moindre carré de peau (UGH.), la version TCG révèle aussi le visage de la Shaman de la Vallée de Brume : dans la version OCG, les yeux de la créature sont masqués. Ceci s’explique très certainement par un effort du TCG d’atténuer la connotation de « pratique rituelle« . Si une fois les yeux révélés notre Shaman semble méditative en TCG, vous aurez remarqué que la version OCG possède quelque chose de plus habitant : elle est littéralement en pleine transe! D’où les yeux masqués. Ceci est la réelle censure! La transe, c’est un état altéré de conscience, dans le cas du Shaman, le voyage de l’âme, un sujet extrèmement polémique. Sa bouche ouverte refermée dans la censure n’est pas ouverte que pour chanter, non, si vous regardez bien, la brume qui l’entoure est plus qu’une simple brume : elle semble émaner de sa gorge. La forme sphérique que cette brume prend est une référence directe à ce voyage de l’âme, cette dernière étant populairement symbolisée par ce genre de sphère gazeuse dans l’imagerie japonaise, entre autres. Bref, mystique et sensuelle, il s’agit là d’une des cartes les plus graphiques du jeu de carte Yu-Gi-Oh! …

Ces membres de la tribue ne sont pas sans rappeler la tribue ailé Rito リト (Piaf) de l’univers Legend Of Zelda résidant sur l’île du Dragon Valoo dans The Wind Waker. Et cette Shaman porte le même sublime parfum exotique que le peuple Gerudo de Ocarina Of Time, Majora’s Mask et Four Swords Adventures. Argh et n’allez pas me sortir que je vais chercher ça trop loin, ça fait un temps fou que je veux caser une référence à Link dans ce foutu blog. D’ailleurs, Link, le Gardien Celte… Non, je m’arrête là. Urgh.

En me lisant au début de l’article, vous avez surement pensé « hééé mec, t’oublis pas un peu le bro La Jinn de la freaking lampe de Seto Kaiba? ». Et ben non.

Le Génie

de la Lampe Merveilleuse. Ou pas.

« Lorsque la fumée fut toute hors du vase, elle se réunit et devint un corps solide, dont il se forma un génie deux fois aussi haut que le plus grand de tous les géants. A l’aspect d’un monstre d’une grandeur si démesurée pêcheur voulut prendre la fuite ; mais il se trouva si troublé et si effrayé, qu’il ne put marcher. »

“…Un pêcheur, vieux et très pauvre, trouve un jour dans ses filets un vase. Lorsqu’il réussit à l’ouvrir, une épaisse fumée en sort. Cette fumée s’éleva jusqu’aux nues, et s’étendant sur la mer et sur le rivage, forma un gros brouillard : spectacle qui causa, comme on peut se l’imaginer, un étonnement extraordinaire au pêcheur. Lorsque la fumée fut toute hors du vase, elle se réunit et devint un corps solide, dont il se forma un génie deux fois aussi haut que le plus grand de tous les géants. A l’aspect d’un monstre d’une grandeur si demesurée, le pêcheur voulut prendre la fuite ; mais il se trouva si troublé et si effrayé qu’il ne put marcher.

« Salomon, s’écria d’abord le génie, Salomon, grand prophète de Dieu, pardon, pardon! Jamais je ne m’opposera à vos volontés, J’obéirai à tous vos commandements… »

Rassuré par ces dernières paroles, le pêcheur demande au génie de lui raconter la raison de sa présence dans le vase.

— Je te dis, repartit le génie, de me parler civiliment avant que je te tue. —Hé! pourquoi me tueriez-vous? repliqua le pêcheur. Je viens de vous mettre en liberté ; l’avez-vous déjà oublié? — Non, je m’en souviens, repartit le génie ; mais cela ne m’empêchera pas de te faire mourir ;  et je n’ai qu’une seule grâce à t’accorder. — Et quelle est cette grâce? dit le pêcheur. — C’est, répondit le génie, de te laisser choisir de quelle manière tu veux que je te tue. — Mais en quoi vous ai-je offensé? reprit le pêcheur. Est-ce ainsi que vous voulez me récompenser du bien que je vous ai fait? — Je ne puis te traiter autrement, dit le génie ; et, afin que tu en sois persuadé, écoute mon histoire….”

(L’histoire du pêcheur et du génie, Les Milles et Une Nuits, traduit par Antoine Galland, raconté par Schéhérazade, Flammarion)

Génie, Jinnī ou Djinn? Même chose ou différents? Retenez que dans les bases de la mythologie Islamique et arabe, tous ne font qu’un: les Djinn (Jinn, جن‎ ǧinn). Ce sont des créatures surnaturelles évoluant dans un univers parallèle des humains, pouvant prendre n’importe quelle forme et apparaissant souvent dans une forme de fumée, et trouvant leur origine dans le Coran. Comme les hommes, ils ne sont ni forcément bon ni mauvais, ce sont des consciences indivuelles. Comme les hommes et les anges, ils sont des créations d’Allah. Encore une fois, ce sont les histoires et contes qui ont donnés de nouveaux traits à ces créatures ; en particulier les Mille et Une Nuits, les définissant selon certains critères. Les Génies par exemple, ont le pouvoir d’exaucer des voeux, les Marid dominent les eaux, et les Ifrits  infernaux se consumment dans les flammes.

Dans Yu-Gi-Oh!, c’est d’abord le Djinn ou Génie que Kaz met à l’honneur, et qui sera notre focus. Le Génie, tel qu’il est représenté dans l’imaginaire sur conte arabe, l’être de fumée musclé à la barbichette invoqué depuis la fameuse lampe à huile (ou bien une jarre), se décline sous deux incarnations dans Yu-Gi-Oh! . Premièrement en tant que l’une des cartes signature de Seto Kaiba: La Jinn le Génie Mystique de la Lampe ランプの魔精・ラ・ジーン (l’Esprit Démon de la Lampe en japonais). La Jinn vient en kit avec sa lampe d’invocation, la Lampe Ancienne マジック・ランプ (Lampe Magique en japonais), et renvoie directement au conte que l’on connait tous : Aladdin ou le Génie de la Lampe Merveilleuse. Plus caractéristique de l’inspiration chinoise des Mille et Une Nuits, comptez aussi sur le Seigneur de la Lampe ランプの魔人 (Démon de la Lampe en japonais) et sa Lampe Mystique 魔法のランプ (Lampe de Magie en japonais). Notez aussi que les Djinn ou Génie peuvent être dotés d’ailes, comme sur l’illustration du conte du pêcheur plus haut par Edmund Dulac, ou encore la carte Djinn, l’Observateur du Vent 風の番人 ジン.

  

  

Mais d’ailleurs, l’histoire d’Aladdin (oui pas Aladin), vous la connaissez vraiment?

Celle-là?

Mais je suis certain que vous connaissez celle-là.

C’est ce que je ressens souvent avec celle-là. Mais peut-être aimerez-vous aussi celle-ci. En voici un extrait…

La mère d’Aladdin prit la lampe où elle l’avait mise.

« La voilà, dit-elle à son fils, mais elle est bien sale ; pour peu qu’elle soit nettoyée, je crois qu’elle en vaudra quelque chose davantage. » (…) mais à peine eut-elle commencé à frotter cette lampe qu’en un instant, en présence de son fils, une génie hideux et d’une grandeur gigantesque s’éleva et parut devant elle, et lui dit d’une voix tonnante:  Que veux-tu? Me voici prêt à t’obéir comme ton esclave, et de tous ceux qui ont la lampe à la main, moi avec les autres esclaves de la lampe.

La mère d’Aladdin n’était pas en état de répondre : sa vue n’avait pu soutenir la figure hideuse et épouvantable du génie ; et sa frayeur avait été si grande dès les premières paroles qu’il avait prononcées qu’elle était tombée évanouie.

Aladdin, (…) sans perdre de temps ni le jugement, se saisit promptement de la lampe, et, en suppléant au défaut de sa mère, il répondit pour elle d’un ton ferme. « J’ai faim, dit-il au génie, apporte-moi de quoi manger. »

Le génie disparut, et un instant après il revient chargé d’un grand bassin d’argent qu’il portait sur sa tête, avec douze plats couverts de même métal, pleins d’excellents mets arrangés dessus, avec six grands pains blancs comme neige sur les plats, deux bouteilles de vin exquis, et deux tasses d’argent sur la main. Il posa le tout sur le sofa, et aussitôt il disparut. (…)

La mère d’Aladdin fut extrêment surprise quand elle vit le grand bassin, les douze plats, les six pains, les deux bouteilles et les deux tasses, et qu’elle sentit l’odeur délicieuse qui exhalait de tous ces plats. (…)

—Ma mère, avec votre permission, reprit Aladdin, je me garderai bien présentement de vendre, comme j’étais prêt à le faire tantôt, une lampe qui va nous être si utile, à vous et à moi. (…) Puisque le hasard nous en a fait découvrir la vertu, faisons-en un usage qui nous soit profitable, mais d’une manière qui soit sans éclat, et qui ne nous attire pas l’envie et la jalousie de nos voisins. (…) Comme le raisonnement d’Aladdin paraissait assez juste, sa mère n’eut rien à y répliquer.

(Aladdin, ou le Génie de la Lampe Merveilleuse, Les Mille et Une Nuits, R. Khawam)

Ok, je suis un immense fan de la version Walt Disney, mais ce qu’il manque, c’est le vrai Aladdin au comportement d’enfoiré de première catégorie. Pas le pauvre voleur héroique, mais le genre —Yo ,vas-y meuf, chicane pas, fais-moi un sandwich. —Aladdin petit branleur il suffit! Je suis ta mère ne l’oublie pas, ne me parle pas comme comme ça! » comme ça. Bref.

La graisse c’est que pour les génies comiques. D’ailleurs, il ne s’agit pas vraiment d’un Djinn, mais la carte du Sorcier Masqué Toon トゥーン・仮面魔道士, version toon du Sorcier Masqué 仮面魔道士, possède un air de famille plutôt frappant avec le Génie du film Disney, même s’il apparait d’un pendentif et non d’une lampe. Si ZEXAL aura lui aussi introduit sa version des Djinn, c’est surtout l’archétype Djinn Rituels de 5D’s que l’on retiendra pour la représentation obése maléfique des créatures…

Enfin, je tenais à conclure sur mon Djinn préféré du jeu de carte Yu-Gi-Oh! . Il s’agit d’un Ifrit, les démons de flamme déjà cités plus haut, Ifrit l’Esprit des Flammes 炎の精霊 イフリート, à qui la censure TCG a retiré les cornes. Intouchables par les armes humaines, il est possible asservir un Ifrit par la magie, et d’en faire une arme destructrice. Même s’il vivent entre eux dans une société constuire sur le modèle tribal persan, les Ifrits pouvaient décider d’épouser un humain. C’est notamment la base d’une des lignes scénaristiques  d’un conte des Mille et Unes Nuits, intitulé Le Portier et les jeunes Filles.

Cette histoire est celle d’un Prince, qui attaqué par des Pirates, trouve refuge chez un bûcheron habitant dans les bois. Lors de son exploration de la forêt, le Prince va faire la découverte d’une chambre souterraine dans laquelle une magnifique jeune fille a été faite prisonnière par un Ifrit. Alors que le jeune homme tombe sous le charme de la jeune fille est passe la nuit avec elle, mais l’Ifrit les surprend et change le Prince en singe. Afin de secourir le Prince, la jeune fille défie l’Ifrit dans une bataille rangée lors de laquelle elle se joue de la créature, peu maligne, qui se transforme en différents animaux, puis fruits, jusqu’à être réduit en cendre par la belle. L’Ifrit vaincu, le Prince retrouve forme humaine, et le couple peut ainsi s’aimer, heureux et reconnaissant de l’un ayant sauvé l’autre.

Le nom de l’Ifrit viendrait de عفر afara, « à rouler dans la poussière » pour les arabes ; ou encore de afritan آفريدن en langue moyen-perse, « créer ». Il était dit que les Ifrits étaient constitués du sang de leurs victimes, et qu’il avaient le pouvoir de prendre la forme d’une tempête de sable, et même du diable, d’où les cornes censurées dans Yu-Gi-Oh! .

Voici venu le moment tant attendu des recommandations manga thématiques! Yay! Avouez que ce serait bien con si je ne vous conseillais pas de lire les contes dont les extraits parsèment cet article. Une lecture parfaite pour cette seconde moitié des vacances d’été. Je vous recommande personnellement la collection des Mille et Une Nuits et autres histoires d’orient aux éditions Libretto, disponibles chez Fnac. Côté manga, trois séries très différentes. Tout d’abord l’excellent titre shonen d’action aventure fantaisie MAGI (マギ) – Labyrinth of Magic de OHTAKA Shinobu 大高忍 (qui a déjà participé au Kuroshitsuji Anthology Comic!), vous entrainant dans une grande épopée réalisant une sorte de grand cross-over au pays des Mille et Une Nuits. Aux côtés d’un Aladdin se découvrant des pouvoirs magiques, grands pouvoirs impliquent grandes responsabilités. Magi est disponible en france aux éditions Kurokawa. Seconde recommandation, il s’agit du titre boy’s love SEX PISTOLS (寿たらこ) / LOVE PISTOLS de KOTOBUKI Tarako 寿たらこ, metant en scène la société secrète des madararui, des zoomans évolant dans la société humaine. Le tome 5 se résout autour de la sombre histoire d’amour du japonais Haigashira Wakaba, et du saoudien Seth, le dernier des madararui seigneurs du ciel, mi-hommes mi-rapaces. Réservé à un public averti, et publié en france aux éditions Taifu, SEX PISTOLS explore le mythe de l’hermaphrodite parfait. Pour finir, c’est avec le très acclamé josei socio-historique Otoyomegatari 乙嫁語り de MORI Kaoru 森薫 (dont j’ai déjà parlé ici), que je vous invite à vous embarquer sur la route de la soie, dans l’orient du XIXe siècle. Suivez la vie de la jeune Amir, destinée à épouser Karluk, son cadet de huit ans, afin de lier leurs deux clans. Immersion, traditions, mariages arrangés et guerres de clans. Otoyomegatari —littéralement Histoire(s) d’une jeune mariée, est disponible en france aux éditions Ki-oon sous le titre de de Bride Stories. Et surtout, n’oubliez pas! : jouez à Legend Of Zelda.

« Si le sultan me laisse encore vivre aujourd’hui, répondit Scheherazade, vous verrez que ce que je vous raconterai demain vous divertira bien davantage… »

(Scheherazade, Quatrième nuit)

¹ à cela je ne compte pas le cameo de Simorgh Bird of Divinity dans l’épisode 1 de ZEXAL, ou la furtive Team Fortune Ark チーム・フォーチュンアーク participant au WRGP dans 5D’s (OH! UNE GERUDO!).

² Dans le jeu de carte, un monstre dénommé Maître du Vent de la Vallée de la Brume 霧の谷の風使いse rapproche notamment des attribus de Paon de Simurgh. Cette carte appartient en plus à un archétype de bête ailés évoluant dans une vallée embrumée peuplée une floppée de monstres dont le fameux Roc…

6 Réponses

  1. Voilà la preuve qu’un simple jeu de carte peut être très instructif ! Décidément, les inspirations de Yu-Gi-Oh sont très variées !

    J’ai mis du temps à lire cet article, mais ça en valait le coup.

    Et je confirma, Magi, c’est vraiment bien ! :3

    08/08/2012 à 12 h 21 min

  2. Pandora

    Ouf, oui, je l’ai trouvé long à écrire aussi. :p

    N’est-ce pas? A propos de Magi. J’avoue que cela a été une grande surprise, le même genre qu’avec le manga Karneval de Touya Mikanagi, je ne m’attendais pas du tout à ça.
    Je ne sais pas si tu connais Kaoru Mori (Emma?), mais tu devrais sincèrement jeter un oeil à Bride Stories.

    08/08/2012 à 15 h 55 min

  3. Je m’en doute, déjà que je mets parfois des semaines à écrire un truc de 20 lignes pour finalement ne rien dire de bien intéressants… Alors là, je n’ose imaginer !

    J’aime beaucoup Bride Stories, même si je ne sais pas trop où va nous emmener l’auteur après le tome 2 (ou 3, je ne sais plus combien de tomes sont sortis en France, ni si je les ai tous). Mais les dessins sont fabuleux. Un sens du détail tel que ça doit lui prendre des jours entiers pour une case ! Magnifique.

    Pas lu Emma, par contre, et je ne crois pas que Kurokawa va rééditer les tomes manquants… =/

    08/08/2012 à 16 h 59 min

  4. Pandora

    Je pense que les Emma doivent être trouvables en occasion. C’est vraiment une auteur que j’apprecie,avec une volonté du détails culturel vraiment poussé, quand on sait combien les japonais sont les rois de l’inconsistance au profit du cliché attractif dans les manga.
    Bref, j’aime quand le côté historique recherché se fait sentir. Un peu comme avec entre autres Vinland Saga, de Makoto Yukimura.

    09/08/2012 à 12 h 59 min

  5. Hecami

    Ce blog est magnifique ! J’étais ou en 2012 ? Oh oui je passais le bac …
    J’espere que ce blog ne quittera jamais internent, j’ai envie de tout lire, mais pas trop le temps en ce moment. En tout cas si l’auteur de cet article reviendra ici un jour pour lire ce commentaire, je le remercie et le félicite pour l’effort fourni !

    27/06/2017 à 18 h 22 min

    • Hecami

      PS: Je viens de commander 6 decks à cause/grâce à ton blog …

      27/06/2017 à 18 h 23 min

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