TUTTI QUANTI. Nous sommes en reconstruction, et cela prend du temps.

Indiana Jones played children card games.

Ou presque.

Parmis toutes les civilisations ayant peuplées notre planète au cours du temps, certaines plus que d’autres, ont enfouies avec elles mystères et légendes qui continuent de nous faire rêver. Tout petit, c’était l’Egypte et ses Pharaons et momies du passé qui ne cessait de me faire fantasmer, avec son folklore et ses histoires de récits dignes d’une aventure du sublime Indiana Jones

Pharaons, jeux et justice dans l’égypte antique, de Yu-Gi-Oh! à Yu-Gi-Oh! GX, au temps des rois millénaires…

Si l’on s’interroge un peu sur les inspirations de Kazuki TAKAHASHI lors de la création de Yu-Gi-Oh!, un premier indice nous attend d’abord dans l’intrigue du premier jeu vidéo de console de salon inspiré du jeu de carte Magic&Wizard, principalement associé à la série: Yu-Gi-Oh! Forbidden/Sealed Memories, tentant avant l’heure d’adapter le passé scellé de l’âme habitant le Puzzle Millénaire de Yûgi mutô…

Cet opus se déroulant dans l’Egypte Antique est l’un des seuls réels indices quant à la fraction temporelle dans laquelle se déroule le règne des Pharaons au centre de la série. Le prologue du jeu nous apprend alors que le Pharaon sans nom (dont Yami Yûgi est l’âme scellée dans le Puzzle Millénaire) n’est encore qu’un Prince de la Dynastie d’Amenhotep, nom porté par les rois de la dix-huitième dynastie royale de l’ancienne Egypte. Une infomation qui prend son sens quand on sait que Ishizu Ishtar (dans le manga, dernière Secrétaire Générale du Conseil Suprême des Antiquités Egyptiennes) révèle à Seto Kaiba dans le chapitre 147 que Yami Yûgi serait en fait le « 18ième roi ». Information pas tout à fait exacte, car si l’on assemble ces indices avec  logique, YY serait bien en fait un des rois de la XVIII Dynastie, et non le 18ième roi lui-même.

Une fois cette information éclaircie, les inspirations de Takahashi-sensei paraissent plutôt claires… Trois Pharaons, dont deux au charisme plutôt marquant…

Mon premier est une figure controversée de l’Egypte Antique. Un Pharaon reconnu comme symbole de changement… Akhénaton

Dans YGO, le père du Pharaon sans nom apparait un certain nombre de fois au cours de flashbacks souvenirs. Son nom est Akunamukanon. Ainé de sa fratrie, c’est un roi aimant et aimé de son peuple que Takahashi-sensei entoure de mystère. Akunamukanon sera celui qui donnera l’accord aux Grands Prêtres, menés par son frère cadet Akunadin, pour créer les sept objets Millénaires afin d’acquerir assez de puissance pour contrer les envahisseurs de l’époque. Sept items qui seront irrémédiablement associés au terrible massacre secret du village de Kul Elna, dicté par l’antique Livre de Magie Millénaire secrètement étudié par les Grands Prêtes (qui avaient réellement une grande importance dans l’Egypte Antique) depuis plusieurs générations (ce livre évoqué par Takahashi semble d’ailleur rappeler le Livre des Morts Egyptien qui accompagnait chaque Pharaon au tombeau afin de le guider sur le chemin de l’au-delà). C’est cette volonté de protéger son peuple qui conduira au massacre de Kul-Elna, dont le Pharaon ne saura rien jusqu’à l’approche de sa mort. Une révélation qu’il vivra comme un échec et une trahison envers son peuple, ce qui l’achèvera (chap314).

Le personnage de Akunamukanon semble être un reflet fictionnel d’un Pharaon ayant réellement existé: Akhénaton. Ce dernier, de part ses choix, est reconnu pour avoir marqué son époque à de nombreuses échelles, tant sur l’Art, la Politique, et surtout la religion. Il est le Pharaon a avoir imposé un premier culte Monothéiste pendant son règne avec le culte d’Aton. Une révolution dédié à Rê-Horakhty, incarné par la divinité The Creator of Light Horakhty dans Yu-Gi-Oh!, dont il était l’incarnation. Horakhty apparait comme l’ultime lumière guerissant les blessures de l’Egypte meurtrie par la tragédie, comme une revanche du Pharaon Akunamukanon lors du règne de son fils.

La descendance. C’est un mystère propre à Akhénaton et son équivalement YGOesque… En effet, la descendance d’Akhénaton est assez floue. A sa mort, les hypothèses semblent indiquer que le trône aurait été occupé par l’ainée de ses filles, Mérytaton, mais ce n’est que pures spéculations. Les mariages Pharaoniques étant parfois allés de l’alliance d’un roi à sa femme, puis sa fille, puis sa petite-fille, c’est un sujet qu’il devient vite difficile de maîtriser. C’est donc sans surprise que Takahashi laisse ces femmes du trône dans l’ombre, avec la seule apparition de l’une d’elles: la mère du fils d’Akunamukanon (dont le modèle réel qu’est Akhénaton aurait lui-aussi eu un seul fils au milieu de ses nombreuses filles, de diverses épouses). La mère de la vie antérieure de Yami Yugi, c’est un débat parmis les fans de Yu-Gi-Oh!. Beaucoup refusent de reconnaître cette femme comme l’épouse royale, mais le port de ce qui semble être un bandeau Seshed sur la coiffe Ibes (surmonté du Cobra protecteur Uræus) par cette dernière atteste de sa position de reine.

Mon second est le plus populaire des  jeunes rois d’Egypte, sa malédiction aurait frappée par le passé… Toutânkhamon…

Si les origines de Toutânkhamon sont bien effacée, Kazuki Takahashi n’y a vu là que l’origine parfaite à son jeune Pharaon sans nom… Un jeune Pharaon oublié du temps, une découverte accompagnée d’une fatale et terrible malédiction… N’est-ce pas l’histoire même de la vie passé de Yami Yûgi? Si la tombe de Toutânkhamon fut une vraie caverne de trésors, celle du Pharaon dessiné par Takahashi-sensei ressemble plus à un mystérieux tombeau labyrinthe, dont le seul trésors est une boite de Pandore dorée, celle du Puzzle Millénaire dont la découverte fut elle-même une sacrée malédiction…

L’histoire du jeune Pharaon de Takahashi est celle de la quête d’une identité scéllée, passant par la découverte de son nom après avoir partagé celui de son hôte depuis son (r)éveil. Comme Toutânkhamon, c’est un Pharaon ayant accédé au trône jeune, et l’ayant perdu par la mort peu de temps après. Le voyage du Pharaon sans nom de Takahashi consiste aussi en une métaphore de la vie par le jeu. Alors qu’il s’éveille dans l’âme d’un frêle garçon après reconstitution du Puzzle, il est aussi sauvage, sombre, et puissant que peut l’être n’importe quel anti-héros classique enfermé pendant quelques millénaires dans une prison noire comme une tombe. Son voyage commence par une humanisation progressive par le thème du jeu. Le jeu en tant que partage avec autrui, et ainsi création d’identité sociale, par l’enseignement de la défaite. Si YamiYûgi ne perd jamais un jeu au départ, infligeant de violentes sanctions aux perdants, sa progression dans Yu-Gi-Oh! va peu à peu lui (ré)apprendre le vrai sens de la vie: parfois perdre, mais pour se relever plus fort. Ce n’est qu’une fois ces enseignements passés que son identité est enfin à portée de main, afin d’affronter le lourd destin que porte son nom… Atem.

Si l’univers du jeu se prête aussi bien à Yu-Gi-Oh!, c’est surement car comme l’annonce la première page du tome1 du manga original, le jeu était un élément intégrant de la vie des contemporains de l’ancienne Egypte. Références que l’on retrouve continuellement dans le manga à travers les nombreux jeux explorés par l’auteur, en particulier avec les jeux de plateaux. Parmis ces nombreux jeux antiques, l’un des plus anciens du monde et des plus esthétiques est celui du Mehen, dit le Jeu du Serpent (ancètre du jeu de l’Oie),  qui n’est autre que le sombre jeu auquel Otogi Senior (le Black Clown) a échoué par le passé face à  Sugoroku Mûto, perdant ainsi physiquement 50 années de sa vie. Une défaite chère payée par une défiguration corporelle à vie… De même, dès le volume 6, Sugoroku présentait à Yugi et ses amis un jeu en forme d’hippopotame (ressemblant à une grenouille): le Jeu des 58 trous, dans lequel les deux joueurs se faisaient la course avec des pions en forme de Chacal et Chien pour parcourir leur 29 trous respectifs, joué sur le hasard de pièces. En ce qui concerne le jeu de cartes Magic and Wizards au centre du manga, son histoire liée à Pegasus telle qu’elle est décrite dans le manga, est elle aussi inspirée de réelles croyances anciennes de l’ancienne Egypte. Les monstres de Duels sont en fait basé sur la croyance de la composition spirituel de l’être dans l’Egypte antique, via les notions de Ba et Ka. Dans l’Egypte de Yu-Gi-Oh!, le Ba, qui represente toujours l’âme, donne naissance au Ka, esprit reflet de son âme, dont la puissance, l’apparence, et la nature dépendent de la pureté du Ba. Ce sont les différents monstres et créatures que les anciens prêtres egyptiens d’Akunamukanon scellaient dans de grandes stelles de pierres, qui donneront plus tard les fameuses cartes. Quoi que l’on puisse reprocher aux cartes de Yu-Gi-Oh!, on est bien forcé de faire chapeau bas à la qualité fictionnelle de Takahashi-sensei en ce qui concerne leur histoire…

Mon dernier est encore un mystère. Il est celui qui succède, au charisme égalant le sang royal… Ayü II…

Si le Pharaon Atem est Toutankhamon, son règne doit s’éteindre prématurement comme la légende du plus jeune des Pharaons. C’est ainsi qu’à sa disparition, notre jeune héros laisse solennellement le trône plein d’espoir à son cousin le Prête Seto (le fils d’Akunadin, le frère du Pharaon Akunamukanon), dont le règne débute là où s’achève le manga Yu-Gi-Oh! . Ce troisième, et dernier Pharaon mis en scène par Takahashi-sensei fait ainsi lui aussi echo au passé, en s’inspirant de très loin, du successeur même de Toutankhamon: le Pharaon Ayü II avant-dernier pharaon de la XVIIIe Dynastie. Ayü est connu pour avoir cumulé de nombreuses très hautes fonctions lors du règne de Akhénaton, comme il était aussi régent de Toutânkhamon (bras droit). Comme Seto et sa fonction de prêtre possesseur d’un Objet du Millénium, c’est donc un entourage important, d’où son accession au trône au final. En effet, malgré quelques doutes de parentée avec Néfertiti, il n’est pas reconnu porteur du sang royal permettant généralement d’assoir le trône. Et si l’histoire du Prête Seto est quasi-entièrement mise en scène dans le manga, celle de Seto Pharaon restera par contre un mystère…

Voir aussi: article consacré à KISARA.

L’équilibre, la balance et la plume. Le jugement de Maât…

Un quatrième Pharaon est aussi introduit dans l’épisode 40 de la saison 1 de Yu-Gi-Oh! GX , il s’agit de Abidos the Third (アビドス3世 Abidosu San-sei). Ce personnage ramené par le pouvoir d’un des objets de l’ombre ne semble pas avoir d’inspirations établies. Seule anecdote, son nom est celui d’une ville égyptienne du même nom, principalement réputée pour son fameux temple cénotaphe (à la mémoire des premiers rois), hérigé sous  Sethi Ier, le second Pharaon de la XIXe dynastie.

La notion de l’âme et ses incarnations nous conduit enfin à une dernière notion primordiale dans Yu-Gi-Oh!, comme dans l’ancienne Egypte: c’est celle du jugement. Que ce soit à travers les jeux des ténèbres, ou les jugements des possesseurs de la Balance Millénaire, le manga entier tourne autour de cette balance du bien et du mal. L’équilibre universel établi par le Créateur.  Ce rituel fut une première fois développé par Shaddi, lors du chapitre 13 du volume 2, avec le jugement de Kanekura, l’avare conservateur du musée de Domino City. Après avoir sondée son âme avec la clés Millénaire et l’avoir jugée via la balance millénaire et la plume de son couvre-chef, c’est finalement dans le ventre du monstre someillant dans le coeur corrompu du conservateur que Shaddi l’enverra pourrir. Dans l’Egypte Antique, on pensait que ce jugement se faisait pour chacun après la mort, selon ce même rituel de la balance, orchestré par le Dieu Chacal Funéraire Anubis, sous le jugement du Dieu des morts Osiris… Dans le tome 4 du manga GX, c’est lors du jugement de Toragoedia トラゴエディア -l’ancien Astrologue d’Akunamukanon et principal antagoniste, basé sur le jugement dit Pesée de l’âme que l’on retrouve le rituel égyptien. Un peu plus approfondi que dans le manga original, ce jugement de la balance repose toujours sur une dualité entre la pureté de l’âme du jugé face à celui d’une plume. Cette plume, c’est la plume de Maât マアト, déesse égyptienne du jugement, de l’ordre et de la paix qui est dans Yu-Gi-Oh! GX incarnée via la fusion de l’esprit du Light & Darkness Dragon 光と闇の竜 -la plume, et l’esprit blanc de Hane Kuribō ハネクリボー -l’âme. Lors du final du manga, après avoir fusionné sous la forme de la déesse pour renvoyer vaincre Tragoedia, L&D Dragon sera celui infligera la sentence en faisant office de balance, alors que Hane Kuribo le scellera une dernière fois dans les ténèbres, passant du blanc au noir, avant que les deux esprits héroiques ne disparaissent par leur sacrifice: leur devoir.

C’est d’ailleurs dans le temple d’Abidos que le Pharaon Sethi Ier offrit une statue de Maât aux dieux pour prouver sa valeur. Car faire respecter la loi de Maat est le devoir premier du Pharaon, et la déesse est en ainsi fondamentalement liée à l’institution pharaonique. Le jeu, le jugement, deux éléments essentiels au charisme du Pharaon Atem. Dans les faits de l’égypte antique, c’est le rôle du vizir, qui porte le titre de Prophète de Maât, que de rendre la justice au nom de la déesse et donc de Pharaon qui l’incarne. Parmis l’entourage de Atem, c’est Karim tient visiblement ce rôle en étant détenteur de la fameuse balance millénaire, bien que l’ensemble des prêtres participe aux différents conseils juridiques de la cité impliquant les Ka. Aussi Shaddi, dont la nature est finalement celle d’esprit protecteur du Pharaon -se manifestant avec Bobasa et Hassan, agit en ce même devoir tout en protégeant le secret de l’héritage d’Atem à travers les millénaires.

Si ce dossier vous a intêressé, il existe à ma connaissance d’autres manga traitant de la civilisation egyptienne. Côté shôjo, Pharaoh no Haka ファラオの墓, de TAKEMIYA Keiko, tournant autour du Pharaon Sneferu, fondateur de la IVième Dynastie et surtout connu pour être la figure à l’origine de la construction de nombreuses Pyramides; mais aussi Ouke no Monshou sur une jeune fille effectuant un saut temporel dans l’Egypte Antique juqu’à rencontrer un Pharaon appelé Memphis… Comptez aussi Hatshepsut sur l’histoire de la femme Pharaon du même nom, et enfin Tutankhamen dressant le portrait du jeune Pharaon ayant servi de modèle à la création de Atem. Je pense ici avoir fait le tour des principaux éléments à tenance historique extrapolée de YGO en ce qui concerne l’Egypte Antique. Si sa qualité est souvent contestée, souvent à cause de son potentiel kitchissime assumé, la saga est quand même le résultat d’un travail de recherche de la part de Kazuki Takahashi. Il faut dire que Yu-Gi-Oh! est LA saga des twists historiques et temporels improbables. L’univers de YGO continue de voyager à travers des civilisations perdues, en passant entre autre par les mystères Inca, ou deux Arcs bourré de références à la mythologie Nordique, Yûgi Mûto Jones aurait même découvert la mythique citée Atlantide… Mais ça, c’est encore une autre histoire…

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